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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 23:18

Aujourd'hui, j'aimerais revenir sur un événement récent qui reflète assez le monde vers lequel nous nous dirigeons.

Résumé des faits : Endgadget, blog de référence US spécialisé dans les technologies, révèle une information provenant d'un mémo interne d'Apple, selon laquelle le lancement si attendu de l'iPhone serait reporté. Les conséquences financières sont faciles à deviner et le cours de l'action Apple chute instantanément. Problème : le mémo était faux, la rumeur n'était donc pas fondée. Résultat : l'action a repris son niveau normal au détriment des actionnaires qui ont vendu leurs parts. Les pertes cumulées de ces personnes sont estimées à 4 Md$... Un actionnaire déclare avoir perdu 100 000$ et souhaite donc mener l'affaire devant les tribunaux.

Qu'apprend-on de ce qui n'aurait dû rester qu'un fait divers :

- Le monde d'aujourd'hui, et tout particulièrement la finance, est fondée sur un réseau dense hyper réactif. Ainsi en quelques minutes, une information est massivement diffusée, fait la Une des sites et ce, avant même d'être vérifiée.

- Le web ne connaît pas de hiérarchie. Les blogs et autres sources personnelles / alternatives d'information ont pris une place énorme dans le paysage de l'information et au sein de l'opinion. Ainsi le moindre blog peut faire varier de plusieurs milliards de dollars la capitalisation boursière d'une multinationale.

- Plus personne ne veut assumer ses responsabilités. Les actionnaires souhaitant récupérer leur argent via un procès rejettent la faut sur ... on ne sait pas trop qui, mais surtout pas sur eux-mêmes. Ils ne pardonnent rien, oublient qu'un blog n'est pas l'équivalent d'un journal, se frottent les mains quand ils profitent de rumeurs, mais hurlent quand ces rumeurs se retournent contre eux. Ils acceptent donc de gagner mais jamais de perdre. On retrouve ici la même idée des fameux "parachutes dorées" qui garantissent une récompense aux entrepreneurs même s'ils échouent. Accepter sa part de responsabilité dans un échec est passé de mode. Chirac après un 2nd quinquennat décrié à gauche comme à droite, peut donc partir avec "le sentiment du devoir accompli".

Finalement, le dernier à avoir vraiment assumé son échec a été montré du doigt plutôt que pardonné. Sa déclaration est toujours connue par coeur, même 5 ans après : n'est-ce pas Lionel? "j'assume l'entière responsabilité de cette défaite..."

 

 

Bien d’accord avec cette analyse... à l’exception de la fin, et de l’exemple de Jospin.

D’accord, le coup de théâtre de 2002 était magistral. C’était une leçon pour nous tous qui vivons, comme le dit Greg, dans ce monde « déresponsabilisant ».

Et après ? Le beau geste est resté, à mes yeux, complétement vide de sens. Se sentir « responsable », littéralement, c’est pouvoir « répondre de ses actes ». Or Jospin n’a jamais fait d’autocritique. Il n’a jamais cherché à remettre tout à plat, pour vraiment analyser les causes de 2002. Ah si, pardon, une fois, fin 2006, quand il a tenté de revenir dans la course. Un peu tard, et surtout, un peu électoraliste comme comportement, non ?

Pour moi, il aurait vraiment « assumé l’entière responsabilité de ses actes » en restant, et en provoquant la refondation du PS, si indispensable déjà à ce moment-là.

Son attitude le faisait passer pour un « reponsable mais pas coupable », alors que c’était précisément le contraire : il était « coupable, et en plus, pas responsable ». Pire.

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Published by Greg, Cyriel - dans Actualité
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