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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 00:31
connaissance-francais-europe.png"Ce qui me pose problème en français, c'est la succession de mots dans certaines phrases comme "est-ce qu'il y a". Je connais chacun des mots mais j'ai du mal à saisir le sens global"

Le propre de chaque langue est d'être paradoxale, car ce ne sont pas forcément ceux qui savent la parler couramment qui connaissent le mieux son fonctionnement. En effet, la langue maternelle est par définition apprise assez spontanément, sans passer par les cases grammaire et syntaxe.

Ainsi, se sont souvent les étrangers qui peuvent expliquer une règle le plus rapidement. Leur perception de notre langue est aussi toujours intéressante. Ainsi, la citation ci-dessus est de ma colocataire, qui a fait 5 ans de français.
 
Elle souligne en effet cette tendance du français à nécessiter beaucoup de mots . La comparaison avec d'autres langues renforce cette impression. La traduction de mon CV en anglais prend 15% d'espace en moins. En outre, "est-ce qu'il y a" (ou "y a-t-il") se traduit "Gibt es" et "Is there" respectivement en allemand et en anglais.

Venons-en à l'allemand justement. Cette langue a la mérite d'être très logique et assez expressive. Logique car, même si la grammaire peut-être dense, il y a peu d'exceptions. Expressive, car les allemands n'hésitent pas à créer des mots à partir d'autres. Ainsi, on m'a fait remarquer récemment que "Wörterbuch", le mot allemand pour "dictionnaire", contient Wörter (mots) et Buch (livre). Le Wörterbuch n'est donc rien d'autre que le "livre des mots". Ceci explique au passage la longueur parfois impressionnante de certains mots, qui ne sont que la juxtaposition de plusieurs termes et qui, du coup, ne sont pas forcément difficiles à retenir.

Ex: Autobahngebühr (prononcer "otobannegébure")
- Auto = voiture
- Bahn = voie
- Gebuhr = taxe
- Autobahngebuhr = péage (Donc pour 3 mots connus, le 4ème offert!)
CQFD!

PS : la carte correspond à la connaissance de la langue française en Europe

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commentaires

Charlie Echo 18/09/2007 12:33

Me voilà donc appâté et attrapé.En derniers mots, je pense qu'il faudrait rapidement trouver une alternative au "plus" ambigü, monter un groupe de lobbying et aller voir l'Académie.Je ne sais pas qui a si bêtement donné au terme "plus" deux acceptions si opposées, mais franchement, ce fautif-là n'a pas fait preuve de repos, mais de paresse.On devrait renommer la rue qui porte son nom (en rue Charlie-Greg ?)

Greg 18/09/2007 11:24

Ce commentaire est amusant parce que :- je savais que tu allais possiblement réagir (le Wörtebuch était un appât)- j'ai réalisé il y a quelques jours le rôle du repos (oui - ouais) etc...- le "ne" effectivement ne sert pas à grand chose. Ma coloc' me l'a fait remarquer hier. J'ai répondu qu'il permet de voir la négation dans "ne plus" alors que "plus" peut aussi signifier "davantage"- je ne connais pas le mot le plus long en allemand. Mais je sais qu'une allemande a été étonnée par le fait que ce soit seulement "anticonstitutionnellement" en français :-)Il me semble que le "Veux-tu" est pédant parce qu'on le considère comme tel. Quoiqu'il en soit il est vraiment intéressant de comparer les différentes approches. Cela montre que c'est davantage la pratique (et le repos) que la logique qui prédominent. Surtout en Français.

CharlieEcho 18/09/2007 11:07

Intéressant..."Y-a-t-il" est un strict équivalent de "gibt es", avec un "t" de liaison (difficile à comprendre pour les étrangers) et "y a" pour "gibt"."Tu veux" "veux-tu""Il y a" "Y-a-il""Es gibt" "Gibt es""Est-ce que" est un ajout correspondant à "cela est", dans le sens "est-ce le cas ?""Veux-tu quelque-chose ? Est-ce le cas ?" ==> "Est-ce que tu veux quelque chose ?" C'est sans contredit un peu lourd, mais moins pédant que "Veux-tu" ; et, surtout, cela permet de poser la question sans "lire" le point d'interrogation, en conservant un ton "affirmatif", qui est plus reposant à prononcer.Car j'ai toujours pensé que tout était là : dans le repos. "Ouais" est un "oui" dont on ne fait pas l'effort d'ouvrir le "i"."Nan" est un "non" sans effort non plus."Nee" est un "nein" sans effort."Nett" est un "nicht" sans effort."I wos'n" est un "Ich weiss nicht" devenu "i wos nett" puis "i wos'n" dans les dialectes de la Styrie."He ain't" est un "he is not" devenu "he isn't" ... ...Bref, toutes les langues, et heureusement, se "décontractent" lors de la prononciation des termes les plus courants ; l'allemand et l'anglais aussi.Ce qui est plus difficile à comprendre, pour les étrangers, et pour nous aussi, d'ailleurs, c'est le "ne" explétif : je NE pense pas. Il n'a aucun rôle, mais s'il manque dans la phrase, le locuteur change d'un coup de classe sociale...Quant au Wörterbuch ou à l'Autobahngebühr, c'est justement ça qui fait le charme allemand... Et, de mémoire, le mot le plus long en allemand est un sombre histoire de "chef de gare de remplacement d'une station secondaire du fin fond de la Germanie eneigée" (mais avec le temps, les Allemands ont été plus créatifs que moi...)